Cher vous, ça y est je suis rentré au pays. J’ai eu froid. Pas tant à cause du froid glacial qui imprègne les murs du Terminal 2 de l’ami Charles, je vous ai compris, mais plutôt par l’absence de chaleur chez mes compatriotes.
L’autre soir nous regardions Gad Elmaleh expliquer que le cliché selon lequel les Québecois sont tous gentils, l’exaspérait. Les saillies racistes et agressives du voisin de notre hôte montréalaise pourraient confirmer ces propos. Il convient ici de constater que la bêtise se porte bien quelque soit l’heure à laquelle le soleil tente à vous rendre un peu brillant. Le bougre menaça deux fois de nous expulser (l’idiot ne savait pas que les services d’immigration étaient, et ce depuis le premier jour, comme nos amis à la vie à la mort), justifiant ses menaces par le fait que nous osions fumer une cigarette sous la fenêtre de sa chambre qui réussit ce tour de force de se situer à la fois côté rue principale et à la fois côté ruelle, bluffant!
En revanche, on ne pourrait nier que l’ambiance decontractée générale ainsi que la simplicité des rapports quotidiens (en témoigne le tutoiement ultra-courant et les “salut, ça va bien” dans la bouche des commerçants même petits) incite particulièrement au plaisir du vivre-ensemble (ouais je sais j’ai des notions de politique).
Le fait que le service ne soit pas compris, oblige les serveurs à user de gentillesse et d’attention à votre égard. Certes cela peut s’avérer parfois assez lourd mais leur dévotion à le mérite d’éviter le type de jérémiades infantiles auxquelles s’est livrée la serveuse de l’unique “restaurant” (le terme de restaurant est ici plus qu’usurpé) du riant Terminal 2 de notre cher Charles, baissez les bras. Sans doute que l’absence de concurrence l’entraîne à traiter les clients de la même qualité que celle de la nourriture qu’elle s’ENCHANTE à servir (le mot dissimulé ici est bien sûr le mot “merde” mais je ne voulais pas être vulgaire,ah!trop tard, oups, mes excuses mon général). Sans doute. Mais bon sang! est-ce ma faute si la plancha la terrorise et si balayer les miettes sur les clients encore attablés me répugne? Hein? Aaaaah on est d’accord! Merci c’est bon de se sentir moins seul…
Vous l’aurez compris, si vous passez Terminal 2 de Roissy/”Vive le Québec libre” préférez la boutique de Paul. C’est tout aussi hors de prix, peu appétissant mais peut-être auriez-vous droit à un sourire. Qui sait?
De même, je me suis plu à renouer avec l’honnêteté de mes compatriotes. L’acte d’uriner étant semble-t-il une pure invention de quelques allumés du bruit de fontaine et de l’utilisation des reins, une coquetterie de digestophiles et non un acte utile et inévitable, alors, quoi de plus normal que de réclamer 0.50€ (0.65$) à tout détraqué que la nécessité pousserait à devoir fréquenter les uniques WC présents sur un territoire grand comme la Gaspésie? J’attends avec impatience de devoir payer une taxe à l’entrée des lieux publics en vertu du fait que je m’apprêtes à respirer de l’air sans doute aussi sale que les WC précemment évoqués. En tant de crise, tout est bon à prendre.
A la lecture de ces lignes, vous m’opposerez que j’exagères, que je souffre du syndrome post-voyage qui fait que “aaaaah tout était tellement mieux là-bas”. Et bien non, ohlala que non! Inutile de retourner les généraux dans leurs tombes, ils en rigaulleraient (notez que tout est fait ici pour placer un jeu de mots douteux et ce dans le seul but pour l’auteur de se croire génial, je sais c’est dramatique, je lui dirais). Je vous inviterais à traverser l’océan afin de comprendre comment le savoir-vivre de nos cousins vous fera aimer ce pays. Pensez seulement à revenir, le Plateau déborde, c’est fini le temps des colonnies (et hop un tour de Général ahahah)
Quant à ceux qui penseraient que j’ai présentement balayé ma culture, regardez bien comme je suis resté français, regardez comme je ne cesse de râler…
Des bisous youhou
Clément